____D'aussi loin que je me souvienne j'avais toujours détesté
les nouveautés.
Les nouvelles collections de fringues, les nouveaux artistes, les nouveaux amis, les nouveaux petits copains de ma mère...
J'étais un éternel insatisfait, qui était paradoxalement satisfait, d'être toujours décalé par rapport aux autres.
J'aimais me démarquer, crier sous tous les toits mes différences, ma personnalité.
Je préférais écouter les bons vieux albums des Beattles et de
ACDC, que toutes ces débilités qui passaient à la radio de nos jours.
Je préférais porter mon jean usé à un point de non-retour que mettre un jean au dégradé si semblable à celui des autres.
J'ai toujours été ainsi, petit déjà je faisais tourner la tête de toutes ma famille car je refusais d'avoir un cadeau
« de notre époque
», moi je voulais, par exemple, un vieux micro rétro.
J'étais chiant et malheureusement pour mon entourage, cette caractéristique de moi-même avait perduré.
J'avais dix sept ans aujourd'hui, et mes principes allaient se cogner et tomber à l'eau.
Enfin en parti.
___Nous sommes en mars et ma mère, ma petite s½ur Kayliah, et moi-même revenions dans la ville de mon enfance.
Magnifique n'est-ce pas ? Ma mère n'avait-elle pas compris que c'était une mauvaise idée ?
Que c'était trop «
simple ».
Vous ne comprenez pas, gloire à vous, personnellement j'aimerai tellement être comme vous, un simple spectateur, et pas un des protagonistes...
Mais vous comprendrez au fur et à mesure,
patience.___Nous venions de nous installer dans une charmante maisonnette en banlieue, tout ce qu'il y a de plus accueillant et de surpeuplé, de nouveau également.
Je détestais l'odeur de notre nouveau logis, l'odeur de notre ancienne maison, signe de réconfort – du moins pendant une période, cette odeur me manquait.
Mais je faisais abstraction comme toujours, ne voulant pas gâcher les joies de ma mère d'avoir trouvé une maison si magnifique aussi rapidement.
Ah oui j'ai peut être oublié d'omettre un détail... avant la semaine dernière je ne savais pas, ni Kayliah, que nous déménagions.
Mais bon c'est ma mère :
impulsive mais surtout
très protectrice, et lorsqu'on est ainsi il vaut mieux ne jamais rien planifié à l'avance et se méfier du monde.
Tout le portrait craché de ma mère !
Mais je l'aimais & la comprenais.
Et puis Berlin n'allait pas me manquer, loin de là même, cette ville où nous venions de reposer une nouvelle fois nos vies, Hambourg, me paraissait certes peu tentante mais au moins je connaissais.
Je n'étais pas entièrement dépaysé.
___ Kayliah, elle regrettait ses amies, mais que voulez-vous !
Elle n'a que quinze ans, ses amies c'était sa vie. Nous n'avons que très peu d'écart ce qui renforce encore plus nos liens.
Ma petite s½ur est très importante à mes yeux, je l'aime plus que tout, elle me vénère en plus.
Elle prend toujours ma défense, même si les choses lui échappe bien souvent.
Ma mère la couvre encore plus que moi, déjà que je me sens encore « poussin » avec elle, Kayliah elle doit encore être dans l'½uf aux yeux de ma mère !
___Ma mère s'appelle France.
Oui comme le pays, son père était passionné de celui-ci et avait appelée sa fille en son honneur.
Elle est très jeune elle n'a que 35 ans.
Vous me direz «
à quel âge elle a eu ses gosses alors ?! », pour ma part à 18 ans et Kayliah à 20 ans.
Ca ne m'a jamais choqué et puis au contraire, elle m'encourage à profiter de ma jeunesse, elle aurait aimé en faire autant donc je dois profiter pour deux.
Elle m'a toujours avoué que Kayliah et moi-même sommes les plus belles choses qui lui soient arrivé dans sa vie.
Ma mère nous aime énormément et tente d'être la meilleure maman possible.
___Je vais aborder le dernier sujet, à savoir moi.
Je parle de tout et de rien depuis tout à l'heure, mais je n'ai rien dit à mon sujet.
Il faut dire qu'il n'y a rien à dire en fait.
Je m'appelle Bill, j'ai dix sept ans, fin de l'histoire.
Enfin non ce n'est que le début. Je ne sais même pas qui je suis, vous savez l'adolescence est une profonde période de doûtes chez moi.
Je me croyais normal, aujourd'hui je comprends que je ne l'étais pas et que cette banalité me dégoûtait atrocement.
C'est pourquoi aujourd'hui je cultive avec soins mon démarquage.
Ongles manucurés et noirs, cheveux noirs qui défient la gravité, yeux charbonneux et maquillés, fringues d'un autre type me rendant
être asexué. Je me sens bien lorsque je suis derrière mon armure de maquillage, quand j'entends claquer entre eux mes lourdes chaînes autour du cou.
C'est m o i. ___Mais aujourd'hui tout change, aujourd'hui
la nouveauté s'installe dans ma vie : nouvel établissement, nouvelles têtes de cons - les élèves et les profs sont dans le tas –
moi antisocial ? Non pas vraiment, mais il vaut mieux anticiper avec le pire pour ne pas être déçu...
Si je m'imaginais que les élèves seraient tous magnifiques et que ce n'était pas le cas...
Bref vous me comprenez :
évitons la désillusion. Où en étais-je ? Ah oui nouveaux regards critiques sur ma personne, nouveaux amis
(ou pas) , nouveau monde, nouvel ambiance.
___ J'avance les mains dans les poches en direction du lycée actuellement, la musique poussée à fond dans mes oreilles,
Dani California des Red Hot Chili Peppers comme seul point de repère, je vois se dessiner au loin l'établissement dans lequel je finirai ma scolarité
(si tout se passe bien...). Mon sac est négligemment balancé sur une de mes épaules, montrant à quel point l'envie n'est pas présente de commencer la journée de cours.
Je vois une foule d'élèves qui se massent près de l'entrée, cigarettes au bec, des groupes sont formés, on se croirait dans une putain de série américaine avec les populaires que je reconnaissais à cent mètres et les intellos... et etc.
S U P E R.___ Ce lycée n'est pas gigantesque, le nombre d'élèves ne me parait pas excessif.
Tant mieux.
J'avance tête haute, fixe les personnes autour de moi avec mes yeux fardés d'une épaisse couche de noir.
J'arrive quand la sonnerie se fait entendre.
Lycée me voilà.Fait de la place à Bill Kaulitz.
_______________________________________________________________________________________On va juste dire que la situation est fixée avec ce prologue. Avez-vous aimé?
Cela vous donne-t-il envie de connaitre d'avantage notre petit androgyne?
J'ai juste une question : Pourquoi pour Bill serai-ce une mauvaise idée de revenir à Hambourg?
Merci de me suivre, de me lire, pour tout.
♥